Les bienfaits d’une population en santé sont évidents. À la qualité de vie individuelle s’ajoutent des économies pour la société qui se chiffrent en milliards de dollars. L’évolution démographique prévue et l’augmentation de l’espérance de vie rendent encore plus importants et utiles tous les efforts ayant pour objectif de convaincre les Québécois d’être responsables, individuellement et collectivement, de leur santé. La promotion de saines habitudes de vie demeure le meilleur moyen d’y arriver alors que chaque dollar investi en prévention rapporte dix fois plus en dépenses curatives évitées. Les mesures visées par l’éducation physique et à la santé (cf. article 3.11) vont en ce sens.
Il faudra également recentrer le système de santé sur les besoins du citoyen et savoir faire face aux lobbys médicaux et pharmaceutiques. Il appartient au gouvernement, non pas aux groupes d’intérêts privés, de décider de ce qui est bon pour la collectivité. En conséquence, un gouvernement d’Option nationale :
4.1 Réaffirmera le
caractère public et universel du système de santé québécois. La participation du secteur privé sera limitée;
4.2 Reverra le contingentement des divers programmes d’études dans le domaine de la santé et accélérera la reconnaissance et le perfectionnement des
professionnels de la santé issus de l’immigration afin d’accroître le personnel fonctionnel dans le réseau;
4.3 Fera en sorte que chaque québécois ait
accès à un médecin de famille, entre autres, par l’accélération de l’
informatisation du réseau de la santé;
4.4 Fera de la
prévention et de l’
action sur les déterminants de santé une priorité nationale en y associant les écoles, les municipalités, les employeurs et les autres acteurs concernés;
4.5 Élargira le rôle des infirmières et des infirmiers en leur donnant davantage de responsabilités en matière de soins de première ligne et en formant davantage de super-infirmières et de super-infirmiers aux pouvoirs élargis;
4.6 Élargira le rôle des pharmaciens en matière d’émission et de renouvellement d’ordonnances. Les pharmaciens auront également plus de pouvoir dans le choix des médicaments à prescrire selon les symptômes identifiés par le médecin. L’accès des lobbys pharmaceutiques aux médecins sera revu;
4.7 Créera
Pharma-Québec, société d’État responsable de la gestion des produits pharmaceutiques dans le réseau québécois de la santé, dans le but de freiner la hausse du coût des médicaments au Québec. Pharma-Québec pourra également produire ses propres médicaments génériques;
4.8 Favorisera la
rémunération des médecins par salaire plutôt qu’à l’acte médical, lorsque le contexte s’y prêtera. Cette rémunération sera modulable selon les expertises et les conditions de travail;
4.9 Ouvrira des
antennes régionales de formation en médecine générale, à l’exemple de l’UQTR à Trois-Rivières, en utilisant les campus de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), en Outaouais (UQO) et à Chicoutimi (UQAC). Cette mesure permettra aux gens des régions d’être formés chez eux et d’y pratiquer ensuite la médecine familiale;
4.10 Allégera les structures administratives en créant des Conseils régionaux qui regrouperont et restructureront les
agences de la santé, les commissions scolaires et les conférences régionales des élus (cf. article 2.13). Cette structure fera en sorte d’optimaliser le nombre d’employés par cadre dans le système de la santé.